5 idées reçues sur le traitement du bois pour l’extérieur.

Idée reçue n°1:
Il faut absolument traiter du bois.

 

On pense souvent à tort que du bois soumis aux intempéries nécessite impérativement un traitement pour favoriser sa résistance et sa tenue dans le temps. En réalité, tout dépend de l’essence utilisée. Il existe des bois qui n’ont pas besoin de traitement, même pour une utilisation en extérieur. Les caractéristiques de ces essences (densité, dureté, composition de leurs tanins ou de leurs résines…) leur permettent de résister à différents stades en milieux humides ou soumis aux intempéries. Ces bois sont les essences de classes d’emplois 3, 4 et 5.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter notre article Quel bois choisir en extérieur ?

Idée reçue n°2:
Un bois traité résiste mieux aux intempéries et dure plus longtemps qu’un bois naturel.

 

Tout dépend de l’essence choisie.Il existe des bois qui résistent aussi bien, voire mieux à l’état naturel, que d’autres ayant subi des traitements.  Ces différents traitements, qu’ils soient par autoclave, par application de couches, par trempage, par aspersion, par procédé thermique, etc… ont pour but de permettre l’utilisation d’un bois dans une classe d’emploi supérieure à celle qu’il a naturellement. Par exemple, en extérieur, le pin à l’état naturel se dégrade et pourrit rapidement en quelques années. Traité, il peut être laissé aux intempéries pour des durées plus longues. Mais si vous choisissez du mélèze hors aubier, sans traitement il résistera autant que du pin traité classe 3.

Pour une même classe d’emploi, la longévité d’un bois naturel est aussi bonne voire bien souvent meilleure que celle d’un bois traité si ce dernier a été usiné après son traitement. En effet, si des coupes, perçages, encochages, etc… sont réalisés après un traitement qui n’a pas pénétré au cœur du bois, ils deviennent des points de fragilité pour le meuble ou l’aménagement. Ces usinages permettent à l’humidité de rentrer en contact avec des parties du bois non protégées.

En ce qui concerne les traitements de finition, appliquer une couche sur des bois qui résistent naturellement aux intempéries (mélèze, douglas, châtaignier, chêne, acacia…) n’a qu’un intérêt visuel pour ralentir leur changement de couleur. Mais ces traitements n’interviennent nullement sur la durabilité de ces bois.Leur résistance n’est liée qu’à leur qualité intrinsèque.

S’il existe des bois qui résistent naturellement aux intempéries ne faut-il pas mieux les privilégier à des bois traités ?

 

Idée reçue n°3:
Les bois traités sont inoffensifs.

 

Avant que la loi ne réglemente l’utilisation de l’arsenic en novembre 2004, les traitements par autoclave se faisaient en grande partie à l’arséniate de cuivre chromé (ou chromaté), désigné couramment sous le cigle CCA, comme le nom de ses principaux constituants : le Chrome (Cr), le Cuivre (Cu) et l’Arsenic (As). Le CCA est une composition de ces différents éléments sous formes de sels et d’oxydes. L’oxydation du cuivre donne une teinte verte au bois traité par ce produit. D’autres compositions existent également comme le CCB (Chrome, Cuivre, Bore) ou le FCA (Fluor, Chrome, Arsenic).  Ces sels minéraux sont hautement toxiques pour les milieux naturels et pour l’homme. L’arsenic est facilement absorbable par voie cutanée, digestive ou respiratoire et peut provoquer de graves maladies allant jusqu’à la mort. Des études ont démontré qu’exposés aux pluies, ces produits peuvent migrer facilement et ainsi polluer nappes phréatiques et environnement avec des effets catastrophiques sur les ressources halieutiques et les écosystèmes. Les fumées et les cendres ont également été reconnues toxiques. Largement utilisés et répandus dans la seconde moitié du 20èmesiècle, bon nombre de ces bois arrive en fin de vie aujourd’hui. Pourtant, leur destruction se fait bien souvent sans conscience ni connaissance de leur dangerosité. Copeaux, sciures, fumées, cendres, leurs déchets sont tous toxiques. Considérés comme produits dangereux, ces bois doivent subir un traitement spécifique en décharge spécialisée.

Bien qu’il accorde encore de nombreuses dérogations, le décret du 17 novembre 2004 interdit de mettre sur le marché des bois traités avec des composés de l’arsenic (Décret n° 2004-1227). La majorité des traitements actuels utilise donc de nouveaux composés à base de métaux lourds, d’agents biocides ou de principes actifs organiques. Derrières des désignations qui se veulent souvent rassurantes en utilisant des termes comme organique, sanitaire, etc, il est difficile de connaître la composition chimique de ces produits. Si ces solutions sont toxiques vis-à-vis  d’organismes vivants comme des champignons ou des insectes, pourquoi ne le seraient-elles pas pour d’autres êtres vivants comme des végétaux, des animaux ou l’homme ? Selon l’Institut National de Recherche et de Sécurité bon nombre de ces produits sont reconnus dangereux à divers degrés pour l’homme et pour l’environnement.

Le bois est un matériau sain et écologique à condition de ne pas être traité chimiquement.

En choisissant un bois naturel non traité, c’est assurer un principe de précaution pour notre santé et pour l’environnement.

 

Idée reçue n°4:
Je peux brûler du bois traité ou autoclavé.

 

La plupart des traitements de bois sont effectués avec des produits d’origines chimiques. En brûlant de tels bois, les composés toxiques de ces traitements sont dégagés sous forme de fumée ou se retrouvent dans les cendres. C’est donc favoriser la dispersion de ces éléments dangereux dans l’atmosphère, dans l’eau, dans les sols. Une pollution de notre environnement qui n’est pas sans risque pour notre santé.

Attention, selon la nature du traitement, certains bois traités sont considérés comme produits dangereux. En fin de vie, seul un retraitement spécifique en décharge spécialisée permet de contenir leur toxicité et de limiter leur impact. Des produits comme l’arséniate de cuivre chromé (CCA), largement généralisés jusqu’au début des années 2000, et leurs déchets (copeaux, sciures, fumées, cendres…) sont hautement nocifs pour les écosystèmes et la santé humaine.

 

Idée reçue n°5:
J’ai du bois en extérieur qui a changé de couleur, il s’abime.

 

Si le bois a été choisi en respectant la classe d’emploi pour laquelle il est utilisé, à savoir en extérieur un bois de classe 3 ou plus, (Cf. Quel bois choisir en extérieur ?) le changement de couleur n’aura qu’un aspect esthétique. Il ne remet pas en cause la durabilité et la qualité du bois.

Soleil et intempéries vont faire évoluer les teintes des bois. Ils participent au charme de ce matériau et valorisent son veinage par le contraste de nombreuses nuances. Protégés de l’humidité et exposés uniquement au soleil, les bois vont être « brûlés » par ce dernier pour offrir de véritables palettes d’ocres et de rouges, si profonds que, par endroit, ils fleurettent avec le noir. Alors que soumis à la pluie et à la neige, selon l’essence, l’exposition, l’humidité, la plupart des bois vont se teinter de gris, des plus sombres aux plus argentés.

Pour preuve les bardages ou les toitures en bois de nombreux bâtiments traditionnels de montagne. Ces planches parfois centenaires dont lasures et vernis ne peuvent égaler les nombreuses teintes sont le meilleur témoignage de la résistance des bois non traités.

Découvrez les différentes couleurs que peut prendre le bois de mélèze : Le vieillissement naturel du bois de mélèze

 

 

 

 

 

 

 

 

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